Troubles dans l’éthique : le procès de la gentillesse.

Dissident sheep bijoux brodés boucles Glory Box 4 (1 sur 1)

Depuis déjà plusieurs semaines, je m’interroge très sérieusement sur un phénomène dores et déjà banalisé et qui tend à glisser doucement vers le terrain des acquis de notre ère surconnectée.

Ca a fait tilt lorsque j’ai écrit il y a peu à un petit mouton dissident qui m’avait envoyé une jolie carte :

« C’est vraiment trop gentil »

Et ce mouton de me répondre :

« Ah non ! J’en ai marre qu’on me dise tout le temps que je suis gentille ! »

Venais-je donc de l’insulter ?

La gentillesse épinglée, salie et dévalorisée, galvaudée et mise au placard, au profit de l’apogée des dents longues et aiguisées de l’arrivisme opportun qui frappe à toutes les portes. L’ère surconnectée ou l’espoir silencieux de tirer son épingle du jeu, société malade de sa propre image figée dans un smartphone à l’aide d’une perche à selfies.

D’où vient donc ce procès de la gentillesse , du don de soi et de la bienveillance ?

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source ici

Je m’interroge sur les raccourcis très rapidement empruntés par ceux qui ont oublié de mettre un peu de leur égo entre parenthèses pour faire de la place à l’autre.

Du bâillon de la gentillesse à la haine il n’y a qu’un pas. Alors sommes-nous carrément rentrés dans cette sorte d’apologie mal déguisée de la méchanceté gratuite, sous couvert d’attirer l’attention sur son propre nombril ?

Je suis toujours interloquée et attristée d’être témoin, sur la toile, de petites humiliations quotidiennes, harcèlement décuplé par un effet de groupe des plus populaires chez des individus qui ne se risquent pas à produire eux-mêmes un contenu qu’ils estiment digne de ce nom mais s’adonnent à un véritable déchainement de propos injurieux à des années lumières de la satyre ou d’une session « langue de pute » entre copines dans l’intimité du salon.

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